Jump, drugs and Basketball. Earl Manigault ou la légende du Streetball.

Celui dont Kareem Abdul-Jabbar a dit qu’il était le plus grand joueur avec lequel il ait joué est né le 7 septembre 1944 à Charleston en caroline du Sud. Sa mère quitte rapidement cet état pour aller vivre à Harlem et il y découvrira les playgrounds du quartier. Earl pratique alors régulièrement son sport préféré et se fait ramrquer à la fin des années 50’s après avoir scoré 57 points lors d’une partie de championnat avec son équipe de la Benjamin Franklin High School. Mais lors de son année de senior dans ce même lycée, une première anicroche dans sa carrière survient. Il est accusé d’avoir fumé de la marijuana dans son vestiaire. Il dément cette accusation mais le mal est fait et il est contraint de terminer son cursus de lycéen en école privée au Laurinburg Institute en Caroline du Nord. Il continue à dominer ses adversaires sur les terrains de basket mais son niveau scolaire est n’est pas des plus satifaisant et il obtient tout juste le niveau nécessaire pour entamer des études universitaires.
Il continue alors d’entretenir sa légende sur les terrains de New-York et se retrouve submergé par les propositions des université du pays qui se frottent les mains à l’idée d’engager le phénomène dans leurs rangs. Il finit par intégrer les rangs de la Jonhson C. Smith University à Charlotte en 1964 car ses résultats scolaires rebutent malgré tout, les principales universités du pays. Mais son faible niveau académique conjugué à sa mauvaise volonté de faire évoluer son jeu essentiellement basé sur le un contre un et le spectacle vers le jeu plus structuré réclamé par l’équipe le pousse à stopper cette expérience sur les bancs de la fac à la fin de l’année académique.
Il retourne à New-York et abandonne définitivement toutes ambitions universitaires. Il plonge alors dans la drogue et développe une addiction à l’héroïne. Commence alors la face la plus sombre de son histoire. Incapable de garder un travail, il claque son fric pour se procurer sa came, devient l’ombre de lui-même sur les terrains et perd son titre lors du Rucker Tournament de 1965 et le déclin amorcé dans sa vie privée le rattrape également sur les terrains.
Si Earl continue de s’enfoncer dans la face obscure du Harlem des années 60’s il creuse également un trou dans sa biographie. A la lecture de différents témoignages qui traitent de cette période et de la problématique de la consommation d’héroïne, il est facile d’imaginer ce qu’a pu être sa vie pendant ces trois années de blanc. Mais la légende de Earl Manigault n’est de loin pas terminée. En 1968, il est si profondément immergé dans la scène locale de la drogue qu’il ne fréquente presque plus les terrains sur lesquels il a bâti sa réputation. Bien qu’il ait participé à un programme de réhabilitation pour drogués à l’été de cette année, il ne parvient pas à changer ses habitudes et il finit par être arrêté pour possession de drogue. Il est condamné à cinq ans de réclusion. Il sortira de prison après 16 mois de désintoxication et en 1969, alors âgé de 25 ans, il se verra offrir ce qui restera comme sa dernière chance de devenir joueur de basket professionnel. Il fera quelques jours de test avec l’équipe des Utah Stars qui évolue alors au sein de la ligue ABA (American Basketball Association, alors concurrente de la NBA) mais la consommation excessive d’héroïne et les mauvaises habitues qui y sont liées l’ont maintenu hors de forme trop longtemps et il n’est pas retenu dans l’équipe.

Il reste toutefois clean pour un moment et réussit à organiser un tournoi en 1977 un tournoi de Streetball pour les jeunes qui s’appelle le « GOAT Tournament ». Si l’initiative n’est que louable, le financement de ce tournoi est assuré par l’un des barons de la drogue du quartier et alors que le tournoi est sur le point d’avoir lieu, Eral et quelques complices se font arrêtés lors d’un braquage (pour un butin de 6’000$). Il se retrouve pour la seconde fois incarcéré pour une durée de deux ans.
A sa sortie de prison, il quitte New-York et part s’installer à Charleston en Caroline du Sud avec deux de ses fils. Il déclarera plus tard au New York Times « Si je suis parti c’est que je ne voulais pas que mes fils deviennent de plus gros junkies que moi ». Les années 80’s s’écoulent donc à Charleston et un semblant de calme semble régner à nouveau dans la vie de Earl mais en février 1987, il est contraint de subir deux opération du cœur. Ses problèmes cardiaques sont sûrement dus à sa grande consommation de drogue même si rien ne permet de l’affirmer.
En 1991, il est à nouveau sous les feux de la rampe et perçoit un cachet de 10′000$ pour que les droits de son histoire puisse être exploités et ainsi explorer l’ascension et la chute de l’Ange de Harlem[1]. Cinq ans plus tard il est de nouveau convoqué par le cinéma dans le cadre d’un reportage/fiction tourné par Eriq La Salle pour la chaine HBO qui deviendra l’un des films les plus mythiques de basket, Rebound (L’étoile du Bronx pour le titre français[2]). A la sortie de la première projection de ce documentaire, il déclare alors au New York magazine : « Pourquoi me suis-je foutu en l’air de la sorte ».
Il décède le 15 mai 1998 de ses problèmes cardiaques et laisse alors un grand vide dans le monde du Streetball New Yorkais. Mais reste une légende de ce sport, bien plus connu par les générations qui lui succéderons que les joueurs professionnels de son époque.
Sa légende, il l’a doit à ses capacités hors-normes sur un terrain de basket. Petit (environ 1m85) il est doué d’une détente absolument phénoménale qui lui permet d’après certains récits d’aller chercher un quarter[3] sur le haut de la planche. En plus de son jeu aérien, il maitrisait parfaitement le tir extérieur. En effet, vexé par les différentes critiques qui le disaient capable de ne jouer qu’en verticalité, il a su développer de manière constructive cet aspect de son jeu. Il reste également célèbre pour ses contres dévastateurs qui impressionnèrent tout les seven footers[4] qu’il a affrontés.
Mais s’il Earl reste dans l’histoire, s’est en grande partie grâce aux différents moves qu’il inventa. Il fut en effet le premier à réussir et peut-être même à tenter le double dunk (il dunk main droite et récupère main gauche le ballon en sortie de cercle pour l’y replonger à nouveau. Très spectaculaire, promis[5]). Certains lui accorde aussi la paternité du 720 qu’il serait le premier à réussir. Il maitrise parfaitement l’art du drible et sa petite taille lui permet une vitesse d’exécution impressionnante. Celui que l’on surnomma alors The GOAT (The Greatest Of All Time[6]), était, d’après les témoignages, un joueur acharné qui détestait la défaite et il répondait au trash-talking de toute sa classe balle en main. On rapporte également dans plusieurs témoignage d’époque qu’il aurait rentrer 36 dunks reverse de suite pour remporter un pari de 60$.
Bien qu’il n’ait jamais foulé les parquets professionnels, il reste dans les mémoires collectives comme l’un des plus grands précurseurs du jeu et le destin brisé le plus retentissant de ce sport. Il déclara un jour, lucide du ratage de sa carrière: « Pour chaque Mickael Jordan qui réussit, il y a un Earl Manigault qui échoue. Il faut bien que certains n’y arrivent pas. ».
Toutes les citations sont traduites par l’auteur. Il n’en garanti pas l’excellence mais le sens oui.

Notes:
- Droits acquis par Alan Sawyer, scénariste renommé.
- Rebound. The legend of Earl The GOAT Manigault. Réalisé par Eriq La Salle. The Badham Company USA 1996.
- Quarter: pièce de 25 cents soit un quart de dollar.
- Seven footers : trad. Sept pieds. Expression dérivée du système métrique américain. 1 pied équivaut à environ 30cm. Les seven footers sont donc des personnes mesurant au moins 2m10.
- Reconstitué dans le film Rebound[2], et visible dans l’extrait de ce film disponible à ce lien. http://www.youtube.com/watch?v=XWA9-j4fAb4 (environ à 3min.20).
- D’après l’intéressé, ce surnom lui vient d’un prof d’école qui s’acharnait à l’appeler Mani-goat. L’acronyme serait venu plus tard.
Bibliographie sélective :
- AXTHELM, Pete : The City Game: Basketball in New York from the World Champion Knicks to the World of Playgrounds. – HARPER’S MAGAZIN PRESS – 1970.
- GEORGE, Nelson: Elevating the Game: Black Men and Basketball. – HARPERCOLLINS – 1992.
- www.answer.com / Earl Manigault / Ed Decker.
- www.wikipedia.org / Eral Manigault / english edition.
Gros mystère se joueur on a pratiquement aucune photo aucune vidéo .
@Bobcats_
Yep, en effet. C’est ce qui ajoute à la légende. Il a quande même participé au film (consultant sur le scénario il me semble) on peut donc espérer que tout ne soit pas complétement inventé. Sinon on a plus des histoire sur lui mais assez souvent de la part de personnes crédibles dans le basket (Karim Abdul pour ne citer que lui). Mais c’est à ma connaissance l’un des seuls joueurs de Street à avoir une telle renomée et à avoir traversé les décénies pour être encore cité aujourd’hui.
Si vous trouvez de la doc sur ce joueur n’hésitez pas à me la faire parvenir. D’âvance merci et bonne fin de journée.
Le film Rebound : The Legend of Earl Manigault
réalisé par Eriq Lasalle, joué par Don Cheadle/The Goat, Eriq Lasalle, Forest Whitaker/RUCKER… (apparition : Kevin Garnett/ Wilt Chamberlain), dans tous les films de basketball, je crois que c’est celui avec les meilleurs scènes de JEU sinon le reste du film est long et sombre.
http://www.youtube.com/watch?v=OsIynRdcTKY
http://www.youtube.com/watch?v=x1XFHfAHi9U&feature=fvw
http://www.youtube.com/watch?v=NGyUC5IG7eU&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=64OJtqctrfo&feature=fvw
http://www.youtube.com/watch?v=ZHn2tm9EHAw&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=vbBCTAgdVPs&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=cN-z-iXKYMk&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=o5Q6Gyde5uQ&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=ubpU_nqOuAs&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=QJ5bP2vpT_s&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=F3MVJEi1zLU&feature=fvw
il était dopé la coke c’est du dopage normale qu’il saute si haut après un rail
Bravo Pablo : excellente bio !
Rebound est un super film, dans genre un des meilleurs (et le “double dunk”…). En plus, on peut parfois le trouver 5 € (prix que j’ai payé et il y avait 2 films en plus sur le DVD… Bon l’autre, je l’ai même pas regardé).
Je n’avais pas remarqué qu’il y avait Garnett ? C’est possible çà ? Parce que le film avait été diffusé à la TV en France dans les années 90… Jabbar, c’est sûr puisque de mémoire le film commence avec son interview lors de sa retraite aux Lakers.
Sinon, niveau docu, je me souviens qu’un projet sur un film animé en rapport avec le GOAT devait être fait, l’an dernier… Je pense (?) même que j’ai lu l’info sur Basket Session. Mais je n’en sais pas plus.
Par contre, une excellente bio/interview faite par Mondial Basket a été re-publiée l’an dernier (c’était l’une des dernières faites sur le GOAT et elle avait été faite à l’hôpital (enfin , je crois que c’est Mondial… Je vérifierai : je l’ai mais j’amasse toutes les revues depuis les années 90… çà va prendre un peu de temps…).
Si je me souviens bien, son tournoi était sponso par Converse (bien avant son rachat par Nike… D’où toutes les converses et pubs qu’on voit aussi dans le film… J’imagine que Converse a participé au financement du film). Est-ce que son tournoi perdure encore, depuis son décès ?
Très bon article ! C’est toujours sympa d’avoir des papier sur des joueurs assez “underground” comme the Goat.
Bravo.
MVP Basket (ou BAM) j’sais plus ont fait un truc sur lui…Pt’et que les deux mags l’ont fait d’ailleurs…
oui, tu as raison Chuck Norris : c’est peut être bien BAM !
Superbe article ! juste dommage que tu ne te sois pas relu avant de le publier car quelques fautes d’orthographe et de syntaxe viennent polluer ce joli récit
Bon allez, j’arrête de faire le vieux con : GO ON DUDE !
Tu as une idée d’un endroit (site Internet ou shop) où l’on pourrait se procurer le film ? Je le veux pour Noël haha
et @ director’s cut : ici on fait état de prise d’héroïne et pas de coke…. coke = excitation et performances décuplées, mais héro = encore pire que si tu fumais 10 joints mec. Donc je vois pas en quoi ça pourrait améliorer tes performances si tu t’injectais de la brown sugar. Demandes à n’importe quel junky. Peace et NE TOUCHEZ PAS A LA DROGUE DURE C EST PAS BIEN
lol on sent le connaisseur peut être que sa marche pas sur toi parceque t’es nul c’est tout
Bonsoir à tous et merci pour vos commentaires (ca fait bien plaisir en tout cas). Je n’étais pas là de la journée et n’ai pas vraiment eu le temps de vous répondre donc je le fais un peu en vrac. Tout d’abord merci pour les différents documents énumérés, je vais m’atteler à tenter de le trouver pour approfondir encore le sujet.
Sinon concernant le film d’Eric La Salle, il est vrai qu’il est un peu sombre mais lors de mon visionage ça ne m’avait pas choqué plus que ça (peut-être ai-je développé une sorte d’insensibilité à force de regarder des trucs glauques). Sinon il est vrai qu’au niveau des scénes de jeu j’ai rarement vu un film de cette qualité. En ce qui concerne la question d’où le dénicher je suis bien emprunté car j’ai eu recours pour le visioner à des moyens répréhensibles chez vous (si j’ai bien suivi la loi hadopi est passée) et sous un flou juridique chez moi. Pour ce qui est du marché des occasions, aucune idée, il est presque mort en Suisse (à part les navets hollywoodiens nada).
Pour le film d’animation je suis tombé lors de mes recherches sur un petit bijou mais sous forme d’homage plus que de documentaire visible (en autre) à cette adresse http://www.w3sh.com/2009/04/13/from-the-hoop/. Ce film d’animation dévelope des qualités évidente de réalisation et d’animation mais n’amène pas grand chose au sujet de GOAT.
Sinon, et c’est là que ça fait mal, la remarque sur mon orthographe. J’avais relu le texte! Aie aie aie, la confrontation avec ses propres limites, c’est mon égo qui en prend un coup. Bon en même temps je savais que ce n’était de loin pas mon point fort mais c’est vrai que je dois y apporter encore plus d’attention. Promis, je tenterai de faire une relecture plus sérieuse et d’y apporter les correctifs qui s’imposent. Et de faire mieux pour les prochains articles.
Sinon encore merci pour l’intérêt que vous avez témoigné au sujet de ce texte et bon basket à tous,
Pablo.
t’inquiètes mec pour l’orthographe, ça arrive à tout le monde
à force de se relire le cerveau corrige de lui même à ce qui paraît… ce qui compte c est que ton papier nous ai apportés quelque chose, enfin à moi en tout cas ! Et toi au moins tu prends le temps de faire des posts, pas comme moi… mais ça ne saurait tarder haha !
et Directior’s cut, j’ai jamais touché à ces saloperies, hormis les spliffs dont, j’avoue, je suis assez friand ! Faute avouée à moitié pardonnée comme on dit !
“il était dopé la coke c’est du dopage normale qu’il saute si haut après un rail”
ignorance, stupidite, ou foutage de gueule?
@Lonewolf
second degrés, pris comme provocation par les cons…
j’ai trouvé une interview avec le goat(le vrais) sur youtube
http://www.youtube.com/watch?v=0×8P5bUWPNk
pour les fans
@Judge Dread
y’a sa
http://www.youtube.com/watch?v=VlN3B7ZW1Bg
@Vincent Bob
Mille fois merci pour les liens.
@Chuck Norris
c’etait y aplus d’1 an sur RESERSE